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FO-trav-dimanche.jpgLa période des fêtes de fin d’année est propice aux ouvertures dominicales des commerces. C’est ce moment qu’a choisi le syndicat FORCE OUVRIERE de l’Alimentation, pour rappeler ses positions sur le sujet. Il se trouve à nouveau sous le feu de l’actualité avec la remise du rapport Bailly à la demande du gouvernement.

Le syndicat est implanté dans la distribution alimentaire du département et tient notamment la première place dans le plus grand hypermarché alti ligérien : GEANT à Vals près le Puy.

« La loi sur le repos hebdomadaire date de 1906. Elle est le fruit d’un demi  siècle de bataille syndicale des employées des grands magasins du commerce parisien notamment. Ne pas travailler le dimanche, c’est la revendication qui a constitué le syndicalisme dans le commerce » rappelait le  syndicat départemental.

« Il y a aussi  la convention  106 du Bureau International du Travail qui a été ratifiée par la France en 1971 qui prévoit ce repos » rajoutait le Secrétaire Général de l’Union Départementale, Pascal SAMOUTH. « Les communes nous consultent régulièrement chaque fois qu’un commerce demande à ouvrir exceptionnellement. Systématiquement nous disons non. Mais il faut bien reconnaître qu’elles passent outre notre avis, et cela quelle que soit leur couleur politique… »

Pour les employés de commerce, on ne l’entend pas de cette oreille : « nous sommes farouchement contre toute ouverture le dimanche. C’est notre vie privée qui en prend un coup. Notre direction connaît notre position et d’ailleurs cette année elle n’a demandé que 2 ouvertures dans l’année au lieu des 5 possibles légalement et des 3 pratiquées dans l’agglomération. C’est toujours ça de pris. De même, nous avons obtenu que les services nocturnes se terminent à 20 heures 30 au lieu de 21 heures en hiver. Mais on peut toujours faire mieux.»

Pour FORCE OUVRIERE, l’argument économique ne tient pas : « Elargir les amplitudes d’ouverture, ça n’élargit pas le porte monnaie des clients. Il peut bien y avoir des ouvertures la nuit, ça n’y changera rien. Qui pense au personnel dans cette discussion ?  Les représentants patronaux citent souvent en exemple aux syndicalistes français le modèle allemand. Nous aimerions bien qu’ils disent aussi qu’en Allemagne tous les commerces sont fermés à partir de 16 h le samedi et bien sûr le dimanche.

Il y a un moyen bien plus simple de renforcer la consommation, donc l’emploi, c’est d’augmenter les salaires, les allocations, les pensions et les minimas sociaux. »

L’argument du volontariat est également réfuté : « Bien sûr que notre accord d’entreprise prévoit de privilégier le volontariat, et nous y veillons. Mais quel volontariat ? C’est le volontariat de la misère ! » s’insurgent les syndicalistes,« après 20 ans d’ancienneté, nos salaires décrochent difficilement du SMIC. Une majorité de salariés est à temps partiel, et pour beaucoup ce n’est pas un choix. Nous avons beaucoup de collègues contraintes de cumuler 2 ou 3 employeurs pour faire bouillir la marmite. Nous passons notre temps à essayer d’obtenir des augmentations de temps de travail, des temps pleins, pour nos collègues qui le souhaitent. Pour nous aussi, les fins de mois sont difficiles. Alors, bien sûr, un dimanche majoré à 100% ça met un peu de beurre dans les épinards.  Mais ce n’est pas un vrai choix. »

Ce qui met les syndicalistes en colère, c’est bien le rapport Bailly qui propose de porter à 12 les possibilités d’ouverture le dimanche : 7 sur autorisation municipale, 5 sur décision unilatérale du magasin : « cela fait une dimanche par mois, autant dire que dans 10 ans ce sera tous les dimanches. Quel retour en arrière ! »

Force Ouvrière condamne également la création des périmètres d’animation concertés touristiques (PACT) et les périmètres d’animation concertés commerciaux (PACC) qui remplacent les zones touristiques et les PUCE  existants. Sous couvert de simplification, le rapport aboutirait à étendre les dérogations au repos dominical.

De fait, on passerait de dérogations sectorielles à des extensions géographiques, ce qui pourrait conduire à un élargissement du travail du dimanche. « Des zônes commerciales comme celles qui existent en Haute-Loire pourraient être dans les critères. Là c’est l’ouverture permanente autorisée. On ne peut pas accepter ».

Si le gouvernement s’engageait dans cette voie qu’ils jugent dangereuse, le syndicat est sur le pied de guerre. « Nous nous sommes déjà mobilisés pour empêcher des ouvertures de supermarchés dans le département. S’il faut se battre, nous sommes prêts. Le gouvernement serait bien inspiré de mettre ce rapport dans un placard et de ne plus le sortir. S’il doit y avoir une loi  c’est pour renforcer les interdictions de travail du dimanche, pas pour les élargir ! »

En fait, ce que FO demande, c’est  le respect de la convention 106 de l’OIT et de l’article L.3132-3 du Code du Travail qui dit : « Dans l’intérêt des salariés, le repos hebdomadaire est donné le dimanche. »

 

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Tag(s) : #Secteur privé

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