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Réunion téléphonique avec le Préfet : le double langage gouvernemental à l’œuvre

Le lundi 6 avril, une nouvelle réunion téléphonique a eu lieu entre la Préfecture, assistée de la Direction du Travail et des Finances Publiques et les organisation syndicales représentatives : FO, CGT, CFDT, CGC, CFTC

 

Nous avons présenté avec la CGT les revendications qui sont dans le communiqué commun CGT-FO-FSU-Solidaires –Gilets Jaunes (extraits pour mémoire).

« Il n’est pas acceptable que des matériels de protection soient  disponibles dans des entreprises dont les activités économiques  ne sont pas essentielles aux besoins essentiels de la population ! Nous exigeons leur réquisition. Ces activités et services doivent être mis à l’arrêt pour venir à bout efficacement de l’épidémie et protéger celles et ceux qui la combattent. Nous exigeons qu’il n’y ait aucune perte de salaire pour les salariés en chômage partiel.

Nous demandons également que soit organisé conformément aux recommandations de l’organisation mondiale de la santé un dépistage systématique et généralisé.

Il est temps de stopper toutes les suppressions de postes et d’emplois, de donner à notre système de santé tous les moyens pour fonctionner, de réquisitionner ou nationaliser toutes les entreprises pouvant réorienter leur production au combat contre l’épidémie et de préserver la sécurité sociale en commençant par retirer définitivement la réforme des retraites.

L’argent existe, les plus grandes entreprises françaises totalisent 120 milliards de dividendes sans compter l’évasion fiscale. Nous demandons qu’aucun dividende ne soit versé ; nous demandons qu’ils soient réquisitionnés pendant l’état d’urgence sanitaire. Nos vies valent mieux que leurs profits !

Il n’est pas acceptable non plus que cette crise sanitaire soit utilisée pour donner satisfaction aux vieilles revendications du MEDEF en autorisant des semaines à 60 heures, la remise en cause des congés payés, des RTT et des Comptes Epargne Temps. Ces ordonnances n’ont rien à voir avec la lutte contre le coronavirus, elles doivent être abrogées. Nous demandons une loi pour interdire toute suppression d’emploi et  tout licenciement dans la période. »

Le Préfet n’a pas donné de réponse estimant qu’il s’agit « de positions nationales ».

Ensuite nous avons eu plusieurs informations des représentants de l’Etat, qui ont suscité des réactions.

 

Activité partielle : 75% des salariés au travail

Plus de 2000 entreprises ont demandé de l’activité partielle pour 13552 salariés, principalement de l’Hôtellerie Restauration, du commerce et aussi du BTP. Il n’y a eu aucun refus de demande.

Il y a à peu près 48000 salariés dans le secteur privé en Haute-Loire, cela veut dire que quasiment 75% sont au boulot , le plus souvent sans véritable protection. Il ne s’agit pas à l’évidence des seules « activités indispensables ». Et la majorité des emplois ne peut pas être tenue en télétravail alors que pendant ce temps là on ne peut pas aller au bout de sa rue sans attestation ! FORCE OUVRIERE n’accepte  pas le double langage du gouvernement et nous appuyons toutes les demandes de droit de retrait ou de mise en chômage partiel portées par les salariés .

 

Toujours pas de épistage systématique

Sur le dépistage, le Préfet a indiqué qu’il est réservé aux  seuls soignant en contact avec le virus. Ce n’est même pas le cas, nous avons cité des exemples. Nous avons fait état des demandes formulées par nos syndicats pour exiger le dépistage systématique : Education Nationale, Hôpital Sainte Marie, SIEL, EHPAD Saint Joseph, FO Action Sociale… Pour FO il s’agit d’un instrument irremplaçable pour lutter réellement contre l’épidémie et nous continuons à porter cette revendication.

Masques : du compte gouttes et du bricolage

Le Préfet a dit qu’il s’agissait d’une priorité de l’Etat et qu’ils « commençaient à arriver ». Selon lui ils sont distribués aux personnels de santé, des EHPAD, de l’aide et de l’accompagnement à domicile.

Des masques en tissu sont fabriqués par plusieurs entreprises en Haute-Loire à destination de l’industrie. Il n’existe pas d’homologation médicale pour ces masques.

FO a rappelé au Préfet les propos qu’il tenait il y a quinze jours « les masques ne sont pas utiles » !

Ce qui nous remonte c’est que  les masques ne sont pas en nombre suffisants en particulier dans les EHPAD et l’aide à domicile, sans parler des autres équipements de protection (surblouses, gants, lunettes…) et pendant ce temps certaines entreprises disposent en nombre de masques FFP2 !

Quant aux masques en tissu, l’Etat n’a pas trouvé de temps pour les homologuer, ce qui pose questions sur leur efficacité.  Par contre il n’y a pas eu de difficulté pour remettre en cause en quelques jours le Code du Travail. La priorité n’est donc pas la protection et la santé des salariés qui sont pourtant contraints d’aller au travail coûte que coûte !

 

FO pose des problèmes urgents

FORCE OUVRIERE a posé des problèmes urgents pour terminer. Ils remontent de plusieurs entreprises qui profitent de la crise pour bafouer le droit du travail :

  • Chez Etape 43, entreprise  adaptée, où la protection des salariés relève de leur seule responsabilité individuelle des travailleurs handicapés selon les consignes de la direction
  • Chez SIEL à Lempdes, les salariés ont moins de protection qu’en période normale mais le délégué syndical FO se fait contester son droit de retrait
  • A l’UNA 43 outre le manque de masques, l’absence de surblouses et de lunettes, la direction veut imposer un accord remettant en cause les dates de congés payés aves 24 h de délai de prévenance
  •  

La libre circulation des militants syndicaux doit être respectée

Nous avons informé le Préfet que la libre circulation des militants syndicaux et des représentants du personnel devait être respectée encore plus dans cette période (avec bien sûr le respect des consignes de sécurité, cela va de soi). Certains employeurs refusent de délivrer des attestations en ce sens, nous avons demandé que consigne soit donnée aux forces de l’ordre de ne pas verbaliser les militants qui se déplacent dans le cadre de leur mandat.

Une autorisation a été délivrée par la DIRECCTE aux conseillers du salarié estimant que l’assistance des salariés lors d’un licenciement faisait partie du « contrat de travail » . L’analyse vaut pour l’ensemble de l’activité syndicale.

Il ne serait pas acceptable que les salariés puissent aller se faire exploiter au péril de leur vie et qu’ils n’aient pas le recours syndical pour se défendre !

 

Demande unanime du respect des fériés et du dimanche chômé dans la grand distribution

L’ensemble des syndicats a également appuyé la demande la CGC de fermeture des grandes surfaces les dimanche et jours fériés dans la période de confinement.

 

Sans attendre des réponses de l’Etat, l’Union Départementale continuera à agir aux côtés des syndicats pour faire respecter le droit des salariés et en particulier préserver leur santé et leur sécurité. C’est notre seule urgence.

Tag(s) : #coronavirus

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