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Elles s’appellent Christiane, Nathalie, Chantal. Elles sont assistantes familiales, employées par le Conseil Départemental comme 120 de leurs collègues. Des établissements associatifs emploient aussi des assistants familiaux. Elles ont choisi ce métier pour sa richesse humaine mais elles se sentent ignorées et isolées. Elles ont décidé lors des élections dans la Fonction Publique de se porter candidates avec FORCE OUVRIERE pour être reconnues et faire avancer leurs demandes.

 

 

FO Haute-Loire les a rencontrées avec Fabien BOYER, Secrétaire du Syndicat FO du Conseil Départemental, voici leurs témoignages.

Pouvez-vous parler de votre métier ?

  • C’est un métier ancien, héritier des « nourrices » et des assistantes maternelles à temps plein ». A l’origine il était basé sur beaucoup de bénévolat, il en reste des traces aujourd’hui dans notre statut de salariées. On nous demande de faire preuve de disponibilité, de générosité, sans limites.
  • Maintenant nous accueillons sous notre toit, 24 h sur 24 et 7 jours sur 7, des enfants pour lesquels le juge des enfants a décidé d’un placement.
  • Nous accueillons dans un cadre familial les enfants qui nous sont confiés pour les accompagner à un moment donné de leur vie, dans la sécurité et la bienveillance.
  • Pour faire ce métier il faut aimer la relation mais ce qu’il y a de bien aussi c’est quand on voit le fruit de notre travail à mesure que les enfants grandissent.
  • Oui, on donne tout. On se bagarre pour que les enfants aient la meilleure prise en charge possible.

Tout le monde peut-il devenir assistant familial ?

  • Les personnes intéressées par cette profession font une demande d’agrément à la PMI. En fonction de son enquête au niveau de notre motivation, de la famille, de l’habitation, de l’environnement, la PMI délivre au début en général un agrément pour 1 enfant, et les extensions pour 2 ou 3 enfants se font plus tard. L’agrément peut être donné à une femme, un homme, et dans un couple les deux peuvent être agréés. Ensuite il faut postuler auprès d’un employeur, le Département ou une association.
  • Il y a une formation obligatoire de 60 h avant le premier accueil, complétée les années suivantes par une formation de 240 h. Un examen final permet d’obtenir le Diplôme d’Etat d’Assistant Familial (DEAF), qui n’est pas obligatoire pour exercer la profession.

 

Et comment êtes-vous rémunérées ?

 

  • Notre salaire varie en fonction du nombre d’enfants accueillis.  Nous percevons des indemnités pour répondre aux besoins matériels des enfants : nourriture, hygiène, habillement, scolarité, activités, argent de poche, … .
  • La loi établit un barème minimum  pour la rémunération, et les départements peuvent aller audelà.
  • En fait le minimum du barème est très insuffisant pour subvenir à tous les besoins : un véhicule et un logement adaptés, nombreux déplacements, … . Cela demande aussi un grand investissement en temps : aide à la scolarité, nuits blanches, préparer les réunions de travail. Ce travail si particulier ne nous permet pas de parler de SMIC horaire !

Alors pourquoi avoir choisi FO pour vous aider à avancer ?

  • J’ai reçu dans ma boîte mail venant du syndicat un document sur les Assistants Familiaux dans lequel je me suis retrouvée, qui parlait de nous ; je me suis dit « je rêve, on existe vraiment ». C’était la première fois que ça arrivait. Au deuxième message j’ai décidé d’appeler Fabien, et nous avons eu un bon échange.
  • On ne s’est pas concertées, pourtant on est en relation régulière, mais j’ai eu exactement la même réaction. C’est bien que nos problèmes soient pris en compte par un grand syndicat, ça nous donne du poids.
  • En plus, j’ai su qu’une assistante familiale était à l’origine de ces documents, au siège national du syndicat, et j’ai compris pourquoi ils étaient si près de la réalité de notre travail.
  • Oui c’est vrai. Un de nos gros problèmes c’est l’isolement. On parle peu de nous, on a l’impression d’être transparentes.
  • C’est ça, oui, « les oubliées du département ».

Qu’est-ce que vous attendez de votre engagement avec le syndicat ?

  • Nous sommes un élément essentiel du service de l’Aide Sociale à l’Enfance, entre 300 et 400 enfants sont placés chez les assistants familiaux de l’ASE.
  • Ce que nous voulons c’est exister professionnellement, pouvoir parler de nos difficultés, être écoutées, accompagnées, travailler en équipe.
  • Oui, et aussi obtenir une prise en charge matérielle qui corresponde à la réalité des frais que nous engageons. Avoir un déroulé de carrière qui ne se limite pas à 10 € brut par mois de prime d’ancienneté  au bout de 10 ans (20 € après 20 ans !).
  • Et une mise en place urgente de formation continue, comme tous les salariés,  avec les travailleurs sociaux avec qui nous travaillons.
  • Que le diplôme DEAF soit reconnu vraiment comme diplôme de travailleur social.

Et vous n’êtes pas déçues ?

  • Au contraire. Nous avons déjà participé à une première rencontre dans la délégation FO auprès de la Direction de la Vie Sociale. C’est un premier pas important : être reconnus comme des salariés qui ont des besoins et des attentes et faire sauter la chape de plomb que l’on nous met souvent en nous parlant de « vocation » ou de « sacerdoce ».
  • Oui, nos propositions et nos difficultés ont été entendues. En étant accompagnées, nous avons plus d’assurance, et nous pensons avancer pour avoir plus de moyens, de formation, de travail en équipe.

Et pour toi, Fabien, comment se passe l’intégration de ces salariées dans le syndicat ?

  • Ça nous apporte vraiment. Nous avons décidé de mettre une assistante familiale sur la liste au Comité Technique et plusieurs sur la liste à la Commission Consultative pour les nontitulaires de catégorie C.

Tous les métiers doivent être représentés au Conseil Départemental. C’est mieux que ce soit les professionnels qui s’expriment avec le syndicat  sur leurs demandes vis-à-vis de l’autorité, c’est tout de suite plus riche et plus concret.

L’arrivée de ces collègues nous incite aussi à prendre en compte la particularité de leur travail en matière d’hygiène et sécurité. On va intégrer ça dans notre réflexion pour le CT et le CHSCT.

Tag(s) : #Faits et arguments
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